affaire Jacobs (l')

série: Blake et Mortimer Etude
dessinateur / scénariste: Lenne Gérard
éditeur: Megawave EO 1990
genre: Etude
classement: biblio1
date: 1990
format: cartonné
état: TBE/N
valeur: 70 €
critère: **
remarques: livre d'étude paru après les 30 ans de bande dessinée
et après l'opéra de papier, contenant quelques
nouveaux secrets sur la vie et l'oeuvre de Jacobs,
notamment sur ses rapports avec Hergé,
Jacobs et le cinéma ainsi qu'une liste de
critiques et de commentaires sur les oeuvres de Jacobs

Jacobs né en 1904, 3 ans avant Hergé
travaillait presque uniquement en solitaire
(les studios Blake et Mortimer n'apparurent
que vers la fin de sa vie),
les éditions Blake et Mortimer fondées en 1982
furent suivies par la fondation Jacobs en 1983

anglophile, Jacobs a souffert de ne pas bien parler
l'anglais, c'était toutefois un intarissable bavard
au physique imposant, portant presque toujours
un noeud-papillon

dessinateur dans Bravo d'abord de Flash Gordon,
baptisé Gordon l'intrépide, puis création de
sa propre série avec le rayon U (U comme uradium)

1943, collaboration avec Hergé pour le remaniement
et surtout le coloriage des albums Tintin:
Tintin au Congo (où Jacobs apparait brièvement
en première page avec Hergé et Melkebeke),
principalement toutefois pour le sceptre d'Ottokar
(balkanisation, les costumes, l'air des bijoux de Faust
avec la Castafiore et apparition aussi
d'Hergé et de Jacobs avec d'autres personnages
du journal Tintin),
Jacobs contribuera aussi à la réalisation
des 7 boules de cristal et du temple du soleil

1946 à 1950, la haute époque du Journal Tintin
avec Hergé, Jacobs, Martin, Laudy, Cuvelier
et Jacques Melkebeke comme rédacteur en chef,
mais en 1947 Jacobs arrête sa collaboration avec Hergé
(soi-disant pour une affaire de co-signature)

le secret de l'espadon sera le tout premier album
des éditions Lombard, petite collaboration de Jacobs
avec Weinberg pour le mystère de la grande pyramide
= premier grand travail de documentation
(Weinberg aurait-il pu être le disciple de Jacobs?)
n.b. la marque jaune n'est pas un M mais un U grec

deux mariages pour Jacobs:
1er mariage avec Ninie la chanteuse
qui fut le modèle de quelques nus à l'aquarelle
et de Sylvia dans le rayon U
2ème mariage avec Jeanne Quittelier,
une pianiste renommée

la censure effectuée sur les ptérodactyles
de l'énigme de l'Atlantide serait le fait
d'Hergé lui-même alors rédacteur artistique
de Tintin, le piège diabolique était peut'être
(tout comme Tintin au Tibet pour Hergé)
un problème pour Jacobs, dans ce récit
avec Mortimer en solo, - c'est Jacobs
qui se raconte lui-même, pris dans le piège
de la BD qui s'est refermé sur son auteur,
une période de désarroi pour Jacobs

le piège diabolique est aussi l'occasion de développer
sa philosophie du monde et de l'histoire, mais causera
également des ennuis à Jacobs en 1962 avec
la censure française
(album interdit en France temporairement)

l'affaire du collier reprend un récit plus calme,
avec au début la collaboration de Gérald Forton,
mais par la suite Jacobs reprendra le récit
en solitaire
>> à noter: le style différent en première partie
de l'album pour les personnages féminins
et pour le texte

les temps changent pour Jacobs dans l'après 1968
(Beatles, anti-militarisme), lui et Hergé sont
critiqués pour un certain racisme dans
leurs premiers albums (Tintin au Congo et
les jaunes dans le secret de l'espadon)

mort de sa femme Jeanne le 31.10.1977, ce ne sera
plus la même vie pour Jacobs qui entreprend
toutefois en 1981 son album "l'opéra de papier"
en collaboration avec Lebedel (texte)
et Jacques Tardi (la couverture)

le retard pour la suite des trois formules
du prof. Sato (le scénario était ébauché
tout comme le découpage, mais restait
le graphisme à terminer),
retard pour plusieurs raisons dont:
a) dû à l'abhorration de Jacobs pour
la mise à encre
b) arthrose des doigts
c) désintérêt de Jacobs pour
les trois formules

quelques difficultées avec Hergé qui refuse
la collaboration à Jacobs de Bob de Moor, alors
engagé dans les studios Hergé,
la non participation de Chaillet qui est
déjà engagé avec Martin et qui veut crééer
sa propre série Vasco, finalement à la mort
d'Hergé, ce sera quand même Bob de Moor qui sera
choisi pour composer le tome 2 des trois formules

en 1980, Jacobs rompt avec les éditions Lombard
pour cause de copyright, création des éditions
Blake et Mortimer avec Claude Lefrancq et enfin
pour tout remanier, création des studios Jacobs
avec Philippe Biermé comme directeur

démêlés aussi avec le fisc belge et autres
soucis pour Jacobs qui meurt le 20.2.1987
diminué physiquement à 84 ans,
il meurt un peu misérablement,
mais il aura eu le temps de préparer sa mort
et l'après-Jacobs, sur sa tombe, on lui élevera
un sphinx miniature
n.b. ce qui ne sera pas vraiment le cas,
car son héritage sera quelque peu dilapidé
par ses héritiers spirituels, dont
la destruction de sa maison du bois des pauvres
où Jacobs aurait voulu ériger un musée Jacobs

Epiloge
A) contrairement à Tintin et l'Alph'art, le tome 2
des trois formules du prof. Sato
(Mortimer contre Mortimer) sera achevé
par Bob de Moor en 1990, pour Jacobs, c'était
le voyage au bout de lui-même comme ordonné
par le prof Sato (ressemblance avec Jacobs)
à son androïde: "ojoshiro" = cesse de vivre)

B) Jacobs et le cinéma avec en plus le disque
"la marque jaune" sur un superbe dialogue
et qui connut un grand succès,
films assimilant des analogies avec les aventures
de Blake et Mortimer et dont peut'être Jacobs
s'est quelque peu inspiré principalement pour:
la cité foudroyée (1923), le monde perdu (1925),
les Nibelungen (1928, pour le dragon Ryu),
la momie (1932), le cabinet du dr. Caligari (1919),
Metropolis (1920), le dr Mabuse (1922),
M le maudit (1931), le troisième homme
(1949, pour les égoûts), la guerre des mondes (1953),
le tombeau hindou (1958),
la machine à explorer le temps (1960)
et plusieurs autres plus ou moins assimilés

+ adaptation de films sur la série Blake et Mortimer
dont les meilleurs: le secret de l'espadon
et la marque jaune, mais il est toujours difficile
de reproduire des films tirés de la bande dessinée

C) Jacobs et Hergé
une vieille amitié dans les premières années
qui fut altérée par la suite (censure d'Hergé
sur les oeuvres de Jacobs)

les banquets mémorables à l'auberge de Beersel,
les parodies où chacun parsemait dans les oeuvres
des références à l'un ou l'autre
(exemple typique: le sceptre d'Ottokar),
alors dualité entre Hergé et Jacobs,
des frères ennemis?

>> p. 125 êtes-vous blakemortimerologue?
quelques anecdotes et détails intéressants

ouvrages de référence (parmi d'autres):
- Journal Tintin no 482 du 4.12.1984 sur Jacobs
- secret de l'espadon, remaniement en 1985
avec format des planches originales reproduites
- E.P. Jacobs, 30 ans de BD par Alain Littaye (N&B)
- le monde d'Edgar P. Jacobs par Claude Legallo
- un opéra de papier par Jacobs lui-même
- collectionneur de BD no 25
- CBD Schtroumpf no 30, le dossier Jacobs
- E.P. Jacobs, le baryton du 9èem art par J.-M. Guyard
- journal BoDoï no 26 janvier 2000,
commentaires sur l'album "la machination Voronov":
- le romantisme écossais de Jacobs, Laudy = Blake,
van Melkebeke = Mortimer et Jacobs lui-même étant Olrik

>> un ouvrage de référence étendant la biographie de Jacobs
et l'étude de ses oeuvres sous un nouvel aspect

annexes
- couvertures 1 et et 4ème plat de l'album
- une page inédite de D. Briel pour clôturer
les 3 formules avant la parution du tome 2
- ex-libris avec Natacha, la stewardesse
- en page de garde: un superbe specimen
de guinea pig

couvertures:
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