littérature de bande dessinée (la)

série: Etude de BD
dessinateur / scénariste: Collectif
éditeur: Grammont 1975
genre: Etude
classement: biblio1
date: 1975
format: cartonné
état: TBE
valeur: 8 €
critère: **
remarques: édition Laffont, cartonné,
format moyen, 141 pages

Ière partie
1/ fonction et langage des comics
recherches et études par Claude Moliterni
(né en 1932, fondateur du fanzine Phénix,
directeur des éditions Serg et de la Socerlid
(société d'étude et de recherche
de littérature dessinée)

entretien avec Claude Moliterni:

a) les origines de la bande dessinée
- en Allemagne dès 1860 avec Max et Moritz
de Wilhelm Busch,
en France avec la famille Fenouillard
de Christophe
et aux USA avec le Yellow Kid de Outcault
(n.b. Töpffer est mentionné plus bas)

- la bande dessinée est appelée comics
parce que au début, les bandes étaient
essentiellement comiques,
en 1929 seulement apparut la BD réaliste
avec le Tarzan de Foster

- la période 1929-1940 aux USA a été dite
de l'Age d'Or des comics (avec des genres
d'aventure, science-fiction, policier et comique),
Saint-Ogan en 1925 (en introduisant
le texte dans des ballons à la façon américaine)
a été le grand créateur de la BD française
(avec Zig et Puce + Alfred le pinguin),
- en 1934, en France, apparaissent
les premiers hebdomadaires tirés des revues
américaines (tel le Journal de Mickey),
- en 1945, la loi chasse la BD étrangère,
Coq Hardi et Vaillant essaient de s'implanter,
mais Tintin et Spirou
resteront les maîtres du genre

- en tant que littéraire dans la bande dessinée,
Hugo Pratt (Corto Maltese) et Forest (Barbarella)
n'ont rien à envier aux grands écrivains (?),
la bande dessinée est un art populaire
artistico-littéraire

- critères de qualité pour la BD: dessin et scénario,
mais aussi le cadre (décors, panorama, profondeur)
combinant deux formes de récit:
le strip (quotidien) et la planche


b) impact social
- l'étude du public BD n'a pas encore été
vraiment fait en Europe (1975, contrairement
aux USA par Barcus),

n.b. a Content Analysis of Trends
in Sunday Comics, 1900-1959
by Francis Barcus published 1961

genres de public:
a) niveau culturel bas
b) jeune public
c) les nostalgiques

- différence entre romans-photos et bande dessinée:
la BD porte la griffe de son créateur,
différence aussi entre les comic strips
(bande quotidienne/feuilleton) et
les récits complets (comic book),

la BD est également utilisée comme support
pédagogique et politique

- le mouvement underground est né aux USA en 1950
par de jeunes dessinateurs (tel que Robert Crumb)
rejetés par les puissants "Syndicate",
aujourd'hui les underground ont été récupérés
par les Syndicate, mais ils auront causé
une révolution dans la bande dessinée,
d'une certaine façon, Pilote a eu un peu
la même fonction en Europe dès 1959

n.b. un entretien avec Claude Moliterni
pas des plus convaincant



2/ sociologie de la bande dessinée

- développemente des comics (séquences dessinées)
et des romans-photos (séquences photographiques),
les comics sont nés de l'industrie des périodiques
américains en 1896 et sont principalement
caractérisés par:
- des vignettes (pour le dessin)
- des bulles (pour le texte)
- les héros d'une série (pour le contexte)

- le premier personnage de bande dessinée:
the Yellow Kid de Richard Fulton Outcault,
- les quotidiens seront d'abord des moyens
de diffusion dans cette culture de masse,
les photos-romans sont nés en Italie dès 1947,
issus du cinéroman

- le succès de ces littératures de l'images
tient entre autre au fait de la création
d'une mythologie exubérante, s'abreuvant
en un premier temps de la littérature
populaire tel que
- l'aventure exotique (Tarzan, Jungle Jim)
- l'aventure historique (Prince Valiant)
- l'aventure policière (Dick Tracy, agent X-9)
- l'aventure aérienne (Ace Drummond)
- le fantastique-scientifique (Buck Rogers, Flash Gordon)

- leur popularité est assurée par l'évasion de la routine
et la frustration quotidienne des lecteurs
(images de rêve, identification à un super héros),
- les comics se développent alors surtout dès 1929
dans une période de crise, le public étant aussi plus
accessible de par une lecture facile

- principaux héros: Superman (1938),
captain Marvel (1938), Batman (1939),
captain America (1940)

- cette popularité a été analysée par
le psychiâtre Frederic Wertham dans son livre
"the seduction of the innocents" (1954),
- ces héros connurent aussi des manipulations
politiques (surtout contre les nazis
et les japonais durant la 2ème guerre),
le personnage de Don Winslow agissant
comme recruteur des marines US
et l'agent secret X-9 fut chasseur
d'espions allemands

- plus tard, les underground seront
politisés dans un sens non-conformiste
des valeurs de l'establishment


3/ la vie quotidienne en images

- pionnier des récits sur des personnages
et des évènements de la vie quotidienne
(dit satire familiale) a été
Christophe (Georges Colomb), dessinateur
français en 1889 avec la famille Fenouillard
et le sapeur Camember
- en 1904, création de "the newlyweds" et
en 1913 de bringing up father (éduquons papa
ou la famille Illico) par Geo Mac Manus
qui aura ainsi donné naissance aux family strips
- plus tard en 1958, Reg Smythe s'en inspira
pour Andy Capp dans la société anglo-saxonne,
un autre exemple fut Blondie en 1930 de Chic Young
qui représente parfaitement l'American way of life
et dans les milieux ruraux "Li'l Abner"
par Al Capp en 1935 durant la grande dépression

- vint aussi les "girl strips" avec Winnie Winkle
par Martin Michael Branner en 1920 avec en plus
le thème de la mode
+ en 1921 "Tillie the Toiler" par Rust Westover,
parfaite représentante de la flapper
(= jeune fill gaie et amusante)

- autres strips: Dixie Dugan par John Striebel en 1929
et Brenda Starr par Dale Messick (1941)

toutes ces bandes contribuèrent à développer
la "presse du coeur"


4/ diversification du public et buts visés

- le premier public furent les lecteurs
d'un journal, donc un public adulte, puis
s'ajoutèrent les enfants des lecteurs
de journeaux, donc un public de masse,
contrairement aux autres moyens de
communication qui s'adressaient
à un public particulier, par la suite,
une diversification s'opère avec les comic books

a) comics pour adultes (violence et érotisme):
- Barbarella (1962), Phoebe Zeit Geist (1966)
= littérature fantaérotique
b) comic noir avec des éléments policiers et sadiques:
- Diabolik (1962) et Satanik (1965), surtout en Italie
c) comics populaires
d) comics cultivés tels que les comics d'avant-garde
- Saga de Xam (1967) par Nicolas Devil,
récits mêlés au pop-art et les comics "underground"
produits de la contre-culture


5/ le langage du récit en images

- les comics modernes ont été précédés
par une longue tradition de récits
iconographiques (forme de récit basé sur
une séquence d'images, dessins ou peintures
depuis les papyrus égyptiens jusqu'aux
images d'Epinal)

- Rodolphe Töpffer (1799-1846), un suisse,
fut en quelque sorte le précurseur des comics
avec ses histoires de monsieur Jabot (1833),
monsieur Crépin et monsieur Vieux-Bois (1837)
monsieur Pencil (1840) et monsieur Cryptogame (1846)

- avec des récits complets sous forme de gag (Yellow Kid),
se développera la structure à épisodes se continuant
(le roman feuilleton) qui donnera lieu aux "daily strips"
(bandes quotidiennes à suivre), les comics
s'émancipèrent des journeaux avec les comic books,
exemple: the funnies en 1929
- le succès arriva avec les comic books
aux aventures épiques (héroïques) comme:
Detective comics (1937), Action comics (1938)
et All star comics (1940)


6/ le langage verbal de la vignette

deux langages: le graphique (l'image)
et le verbal (texte) sont intégrés dans
la vignette, celle-ci acquérant une
dimension temps, également un langage
cinématographique avec:
- le gros plan (détail), le plan moyen (mi-corps),
- le plan 3/4 ou plan américain (coupé
à la hauteur des genoux),
- le plan général (figure complète) et
composition en profondeur (perspective)


7/ les systèmes de convention

- texte mis en "balloons" (ou bulles) de dimension
variable, perfectionnement des phylactères
(bandes où sont écrites les paroles
prononcées par les personnages), les bulles
peuvent aussi représenter les états d'âme,
exemples: les "dream-balloons"
- les onomatopées (suggérant par exemple
le bruit d'une action) ou phonèmes
(éléments sonores du langage) jouent
aussi un grand rôle, ceux-ci proviennent
principalement de la langue anglaise,
riche en cette matière

- utilisation aussi des métonymes
(figures de rhétorique qui consistent
à désigner un objet par le nom d'un autre
avec lequel il a un certain rapport
(exemple: les étoiles après un choc)
- les figures cinétiques utilisés pour
donner l'illusion du mouvement
(exemple: le pointillé pour décrire
la trajectoire d'une balle)


8/ le montage des vignettes

- l'assemblage des vignettes dans le
continuum narratif est basé sur le principe
de l'éllipse (figure de rhétorique
qui consiste à omettre un élément
du discours qui peut'être facilement
supposé ou sous-entendu par le lecteur)

- les formes de connexion logique
des vignettes sont
a) les espaces contigus, montrant dans
les vignettes successives des espaces
supposés contigus
b) les fusions qui altèrent progressivement
les valeurs tonales (relatif à un son ou
à une totalité) de l'image dans des vignettes
successives
c) les appogiatures (texte intégré dans la vignette
qui remplit la fonction d'expliquer son contenu
ou d'aider à sa continuité)
d) les cartouches (appogiature placée
entre deux vignettes qui se suivent,
analogues aux sous-titres
du cinéma muet >> p. 67
e) la voix en off (représentation dans la vignette
d'un son provenant d'un lieu proche,
montré dansla vignette suivante ou antérieure
>> voir p. 66

- le montage de la vignette peut aussi s'effectuer
par le système de la planification
(opération qui consiste à décomposer
un récit iconographique en cadrages
de différentes grandeurs)
- le montage analytique par lequel
la scène est minutieusement décomposée
en gros plans successifs de ses détails
les plus expressifs
>> voir page 69
- le montage au ralenti (= distorsion du cours
réel du temps pour donner l'impression qu'une
action dure plus longtemps qu'en réalité)
avec les techniques du flash back (évocation du passé)
et du flash forward (anticipation sur l'avenir)

- les phases de lecture:
a) lecture de l'image de la vignette
b) lecture de son texte
c) intégration des messages phonétiques et plastiques
en vue d'une compréhension globale
d) enchaînement logique avec la vignette suivante




IIème partie évolution historique des comics


1/ l'ère des pionniers et de la
formation d'un art (1895-1928)

la BD américaine nait indirectement de la rivalité
entre deux grands quotidiens:
- le New York World de Joseph Pulitzer
dès 1883 et
- du Morning Journal de Randolph Hearst
dès 1885

- le New York World publia un supplément dominical
avec un petit personnage naïf, vêtu d'une chemise
de nuit jaune: the Yellow Kid de Richard Outcault,
le Morning Journal répliqua en s'accaparant
le Yellow Kid dans son supplément dominical
"the American Humorist" et en continuant
avec la série "Buster Brown et son chien Tiger",
également de Outcault

- Rudolph Dirks créa aussi "the Katzenjammer Kids"
débutant en 1897 dans le Morning Journal,
à la suite d'une dispute avec Hearts, Dirks
transféra ses personnages dans le New York World,
c'est alors que Harold Knerr continua la série
dans le Morning Journal et Dirks fut obligé de
retituler sa série "the captain and the kids"

- c'est ainsi que s'instaura dans les comics,
la survivance des personnages dessinés
au-delà de la volonté et même de la mort
de leurs créateurs originaux

- little bears and tigers (1897)
dessinés par Swinnerton pour le Morning Journal
furent à l'origine des héros-animaux,
les daily strips furent créés par Bud Fisher
en 1907 avec Augustus Mutt

- puis suivit Lyonel Feininger avec Wee Willie Winkie
and the Kind-er-Kids (1906), mais le comic
de la fantaisie fut l'apanage de Winsor Mac Cay
avec little Nemo in Slumberland (1904) inspiré
du magicien d'Oz et d'Alice au pays der merveilles
qui confirmait la structure itérative
(répété plusieurs fois) dans la BD
la structure narrative ou thématique consistant dans
la récurrence ou répétition d'un même motif

- la série originale de Krazy Kat (1910),
d'orientation pré-surréaliste
fut publiée par George Herriman dont
s'inspira peut'être Pat Sullivan
avec Felix le chat en 1917, sans toutefois
pouvoir conserver le style personnel d'Herriman
- autre série du genre: Boob Mac Nutt (1918)
par Rube Goldberg

- l'apparition au début du siècle de
nombreuses bandes dessinées provoqua
la création d'agences (les fameux "syndicate"
= nouvel échelon capitaliste de la production
et de la distribution)

- création en 1915 du King Features Syndicate et
en 1919 du New York News Syndicate
et de l'United Features Syndicate,
les syndicats imposèrent dès lors une
standardisation technique accrue
et une influence trouble sur les auteurs

- création sur l'impulsion des syndicats des:
a) family strips
- the newly weds (1904) et bringing up father
(1913) by Geo McManus
- the Gumps (1919) by Sidney Smith
- Popeye (1929) by Elzie Crisler Segar
- Blondie (1930) by Chic Young

b) girl strips
- Polly and her pals (1912) by Cliff Sterrett
- Winnie Winkle (1920) by Martin branner
- Tillie the Toiler (1921) by Russ Westover
- Ella Cinders (1925) by Charlie Plumb
- Dixie Dugan (1925) by Johnny Striebel
- little orphan Annie (1924) by Harold Gray
- Betty Boop (1931) by Max Fleisher
et l'aventure épique sera abordée
en un premier temps avec
- Wash Tubbs (1924) by Roy Crane

- premières séries étrangères
a) en Angleterre
- Weary Willie (1896) by Tom Browne
- mr. Pop the business man (1921)
by John Millar Watt
(publié dans le Daily Sketch comme
première daily strip anglaise)

b) en France
- Bécassine (1905) by J.-P. Pinchon
dans Semaine de Suzette
- les Pieds Nickelés (1908) et Bibi Fricotin (1917)
by Louis Forton dans l'Epatant


2/ l'apogée des comics (1929-1939)

- c'est l'âge d'or de la bande dessinée,
introduction de la mythologie de l'aventure
par une nouvelle génération de dessinateurs
formés dans les académies d'art:
- Tim Tyler's Luck (1929) by Lyman Young
(frère de Chic)
- Tarzan (1929) by Harold Foster
- Buck Rogers (1929) by Dick Calkins,
avec Wilma Deering, ce sera la première
bande dessinée de science-fiction
- Dick Tracy (1931) by Chester Gould
(prohibition et gangstérisme)
- Tarzan (1937) redessiné par Burne Hogarth

- quatre grands syndicats se disputent
alors le marché:
- King Features Syndicate,
- United Features Syndicate,
- National Newspaper Syndicate
- Chicago Tribune-New York News Syndicate

- de nouvelles séries sont créées:
- Mickey Mouse (1930) by Ub Iwerks de Walt Disney
- Joe Palooka (1931) by Ham Fisher
- Apple Mary (1932) by Martha Orr
- Brick Bradford (1933) by Clarence Gray
- Terry and the pirates (1934) de Milton Caniff
- Mandrake (1934) by Phil Davis
- Red Barry (1934) by Will Gould
- Li'l Abner (1935) by Al Capp
- the Phantom (1936) by Ray Moore
- Charlie Chan (1938) by Alfred Andriola

- apparition dans les années 30, des comic books
et d'une nouvelle génération de super héros
dont les principaux:
- Superman (1938) by Joe Shuster+Jerry Siegel
- captain Marvel (1938) by Clarence Beck
- Batman (1939) by Bob Kane
- the Flash (1939) by Harry Lampert

et en Europe:
- Tintin (1929) by Hergé (Belgique)
- Jane (1932) by Norman Patt (UK)
- journal de Mickey (1934) by Paul Winkler (France)
- professeur Nimbus (1934) by Alain Daix (France)
- Futuropolis (1937) by Pellos (France)
- Kit Carson (1937) by Rino Albertarelli (Italie)
- Spirou (1938) by Rob Vel (Belgique)
- Pipo (1940) by Benito Jacovitti (Italie)


3/ les années de crise (1939-1948)

- crise du papier d'abord, mais les comics sont
aussi utilisés comme instruments de propagande
(notamment pour l'armée américaine),
apparition de nouveaux héros tels que:
- Sheena (1939) by Morgan Thomas
- the Spirit (1940) by Will Eisner
- captain America (1941) by Jack Kirby
- Pinky Rankin (1942) by Dick Floyd
(de tendance communiste)
- Barnaby Baxter (1942) by Crockett Johnson
- Penny (1943) by Harry Haeninger
- Rip Kirby (1946) by Alex Raymond
- Steve Canyon (1947) by Milton Caniff
- Beettle Bailey (1950) by Mort Walker

- à la fin de la guerre, s'ouvre une période
de flottement pour la BD, ceci dû à l'incertitude
des créateurs devant l'évolution du goût collectif
- création en 1946 de la (National Cartoonist Society),
mais l'âge d'or était déjà dépassé
- en Europe, démarrage en 1946
de la production nationale
avec Coq Hardi et Vaillant en France ainsi
que Tintin et Spirou en Belgique
- en Italie parution de Topolino et vogue
des photos-romans
(pays qui connait une haute fréquentation
des salles de cinéma),
en Angleterre, création en 1945
de Garth by Steve Dowling et
de Buck Ryan de Jack Monk


4/ les comics contemporains

- intérêt accru de la bande dessinée
dans la société, mais aussi campagnes
moralistes conre les comics dans un climat
de "national-puritanisme de la guerre froide"
- critique de la bande dessinée
par F. Wertham dans son livre
"the seduction of the innocents",
mais ce fut le contraire qui arriva, en 1950,
première parution des "horror comics"
et autres revues brutales,
création en 1953 du comics code
(code d'autocensure), renaissance de
la bande dessinée malgré la concurrence
de la télévision avec:
- Pogo (1948) by Walt Kelly
- Peanuts, Charlie Brown et Snoopy (1950)
by Charles Schulz
- Dennis the menace (1951) by Hank Ketcham
- Munro et Bernard Mergendeiler (1956)
by Jules Feiffer
- miss Peach (1957) by Mell Lazarus
- B.C. (1958) by Johnny Hart
- Tom et Jerry + the Flintstones (1959)
by Hanna and Joe Barbera

- création en 1953 de Mad comics
(série nonsense) et en 1965
des revues Creepy et Eerie qui indiquent
une évolution des moeurs vers une expression
plus adulte de la bande dessinée
d'où naquirent en 1968 les underground comics avec
le livre "all new Zap comix" by Robert Crumb
pour Fritz the cat

- création en France de Pilote, Hara Kiri
et Charlie ainsi que d'Astérix, le comic
le plus populaire de la francophonie
et surtout la revalorisation de la BD par
les minorités intellectuelles tel que la Socerlid
(Société d'Etude et de Recherche
des Littératures Dessinées)
- en 1964 avec les revues d'étude (fanzines)
comme Giff Will et Phénix en France,
Linus en Italie (où les comics étaient connus
comme fumetti, la traduction littéraire
étant fumetto = bulle)

- début aussi d'une nouvelle tendance snobiste
dans la bande dessinée, c'est à dire de faire
de l'art BD, telle la fameuse
Saga de Xam (1967) par Nicolas Devil

- la bande dessinée devient aussi un moyen
d'information politique avec des dessinateurs
comme Reiser, Gébé, Cabu, Wolinski
- création de nouvelles séries telles
que Lone Sloane, Blueberry, Valerian,
Rubrique à Brac dans un nouvel essor
du journal Pilote
- création des underground français
avec l'Echo des Savanes (1973)
puis avec Métal Hurlant et Fluide Glacial

- comics érotiques en Italie avec Diabolik (1962)
et Satanik (1965),
développement de la bande dessinée espagnole avec
- Haxtur (Fuente), Futuro (Mora) et Gringo (Gimenez)
ainsi qu'en Argentine Mort Cinder (Breccia)
et Mafalda (Quino)


5/ les littératures de l'image et leur avenir

- la bande dessinée devient un art complet
tant pour la culture highbrow (intellectuelle)
que masscult (de masse)

- développement de la bande dessinée
dans des secteurs encore peu touchés
(caricature et érotisme) et aussi
dans l'intellectualisation des comics

- apparition des "soap opéras" ainsi nommés
parce qu'ils furent d'abord financés et offerts
pour la publicité de marques à savon
= romans mélodrames à feuilleton, étant laissés
par la suite à la télévision

- nouvelle utilisation pédagogique de la BD
(campagne anti-Sida, aide au Tiers-Monde, etc)


>> un album assez instructif, à nouveau complémentaire
aux autres études de ce genre, agrémenté aussi
d'illustrations intéressantes, mais au style
quelque peu gauchiste et chaotique de Moliterni,
la deuxième partie étant la meilleure

annexes
- couverture du livre
- une planche des Kin-der-Kids
et de Gasoline Alley
- illustration de Fritz the Kat (Herriman)
comparée à Felix the cat (Pat Sullivan)

couvertures:
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