tome19 le testament de William S.

série: Blake et Mortimer
dessinateur / scénariste: Juillard+Sente
éditeur: Blake+Mortimer EO 2016
genre: Policier
classement: biblio1
date: 2016
format: cartonné
état: TBE/N
valeur: 10 €
critère: **
remarques: le testament de William S (= Shakespeare)
album EO novembre 2016, 64 pages
avec ex libris
sur le thème du grand Shakespeare,
album dédié à la mémoire du dessinateur
Ted Benoit, décédé en 2016


1958, la sortie du Diplomats of London Society
(qui rappelle la sortie du Centaur Club
dans la marque jaune) et dont um membre
se fait agresser par une bande de voyous et
>> p. 6 à 165 Oxford Street, un club de jazz où
la bande de voyous surnommés les teddys
ont établi leur lieu de rencontre

n.b. le club de jazz existe bien mais il est situé
club 100, Oxford Street

Blake du MI5 et Kendall de Scotland Yard sont chargés
de s'occuper de cette bande de teddys
(quelque référence au film orange mecanique)

plus tard, Blake, Mortimer et son ancienne amie
Sarah Summertown avec sa fille Elisabeth assistent
au Royal Albert Hall à une représentation
de Shakespeare "le marchand de Venise"
>> p. 6 autres personnages présents à la soirée:
dont Nastasia Wardynska et l'excentrique
milliardaire lord Auchentoshan
>> p. 7 les différends entre les Stratfordiens
(pro-Shakespare) et les Oxfordiens
(anti-Shakespeare) qui prétendent
que Shakespeare n'a jamais existé
en tant que dramaturge

n.b. à noter que Sarah Summertown est la présidente
de la William Shakespeare Defenders Society (WSDS)
(cette société n'existe pas, par contre il y a bien
une Shakespeare Fellowship)

à la sortie de la représentation, Blake et Mortimer
sont pris à parti par la bande des teddys dont
le meneur possède une canne à tête d'animal,
toutefois le meneur réussit à s'échapper
visite à Venise où se déroule chez le marquis Da Spiri
un curieux son de cloche, on découvre dans les caves
de l'édifice, une momie dans une cage en verre portant
un document relatif à Shakespeare
>> p. 10 clin d'oeil peut'être au capitaine Haddock

mais pour ouvrir la cage sans l'endommager,
il faut trouver trois clés à différents endroits
marqués par Shakespeare
>> p. 14 Sarah Summertown informe également
qu'il existe un document qui relate un défi
intellectuel des joueurs de l'esprit
(une joute entre universitaires) concernant
Shakespeare sous la forme d'un document
daté de 1632

mais déjà des inconnus sont intéressé à cette affaire
et un certain sir Walter d'Oxford (faisant partie
du clan des Oxfordiens) contacte le fameux
colonel Olrik emprisonné à la non moins fameuse
prison de Wandsworth
>> p. 16 une mystérieuse agression et
>> p. 17 on souffre beaucoup d'insomnie
chez le marquis
>> p. 19 Olrik qui utilise toujours encore
son fameux fume-cigarette
>> p. 20 la fameuse Ford Custom bleu (de S.O.S. météores)
n.b. mais moins bien dessinée par Juillard
que par Jacobs

>> p. 23 l'adjoint de Blake, David Honeychurch
est de retour (dans l'onde de Septimus,
c'était encore Millovitch)

>> p. 24/25 l'histoire en 1858 de la dispute
des deux sociétés (pro et anti) qui aurait
abouti à un accord pour prouver l'existence
de Shakespeare laissant un héritage de 100'000 livres
correspondant à 10 mios en 1958, à celui
produisant un document prouvant l'authenticité
(ou la dénégation) de l'existence de
Shakespeare en tant que l'auteur des oeuvres
produit sous son nom
>> p. 24 illustration du Tower Bridge
qui n'existait pas encore en 1858
(il ne sera construit que 30 ans plus tard)
>> p. 24 clin d'oeil à l'oreille cassée
(2ème vignette en bas de page)

mention aussi du testament de William S.
= un document inédit jamais retrouvé qui aurait
été établi par Shakespeare et qui sera
peut'être trouvé sur la momie en cage de Venise

n.b. Shakespeare serait d'ailleurs une combination
de Shake et de Speares
(combination de Stefano Da Spira,
un ami de Shakespeare)

de son côté, de sa prison, Olrik organise
avec ses complices (Sharkey et Freddy)
(qui sont eux toujours en liberté) une chasse
au trésor-document sur ce qui pourrait être
une vérité historique, tout d'abord

1ère étape: chercher l'effigie de Shakespeare
à Stratford-upon-Avon dans le Warwickshire
n.b. il n'existe pas une peinture portrait
de Shakespeare
>> p. 34 Olrik qui organise ses opérations depuis
la prison comme s'il était dans son repaire

>> p. 37-44-46-53 l'histoire imaginaire
de William Shakespeare, notamment sur
les années obscures de 1585 à 1592

après l'effigie de Stratford qui n'a rien donné,
les investigations (pas trop difficiles)
se poursuivent à Venise, avec un
autre buste de Shakespeare
>> p. 42 la lignée des bustes de personnalités
de l'Antiquité dont Shakespeare
fait curieusement partie

finalement, les dernières découvertes seront
effectuées à Vérone dans l'antique théâtre
et à Ravenne sur la mosaïque de la Dark Lady

le secret du document porté par la momie
de Venise sera enfin révélé et la preuve
du testament établi, ce qui valide
ce document pour l'héritage mais l'on ne saura
toujours pas la paternité de Shakespeare
sur ses oeuvres en tant que dramaturge

toutefois il est quand même mentionné un
certain Ben Jonson à qui Shakespeare aurait
donné le droit de publier ses oeuvres

>> p. 53 la fausse mort de Shakespeare qui à la fin
de sa vie se rende à Venise pour y mourir et
y écrire sa dernière oeuvre:
amours et autres ambitions

et enfin le commanditaire d'Olrik sera arrêté,
c'est le fils d'un descendant de Stratfordien
qui avait tout intérêt à s'emparer du testament
et à le détruire pour s'approprier l'héritage

>> le 12ème album réalisé par les héritiers Jacobs,
ce n'est pas le meilleur du lot pour cet album
qui se place chronologiquement après l'album
"le sanctuaire du Godwana"
(le meilleur et le premier album du lot étant
probablement "l'affaire Francis Blake"
produit en 1996, il y a déjà 20 ans),
toutefois le scénario est bien imaginé
malgré une trame plutôt complexe à suivre

à noter le scénario de Sente qui a voulu probablement
marquer le 400ème anniversaire de Shakespeare
avec le 70ème anniversaire de Blake et Mortimer

et si la marque jaune est encore bien respectée
malgré d'importants phylactères didactiques
avec le télécéphaloscope, cet album n'est
plus tellement un récit d'actions mais plutôt
une filature genre chasse au trésor,
toutefois intellectuellement et littérairement,
c'est une réussite

on remarquera aussi que le méchant Olrik
fait piètre figure dans sa prison-château
avec la réapparition de son acolyte Sharkey

une énigme vieille de 300 ans, l'idée est originale,
mais nos héros ont pris de l'âge et de la bouteille,
Mortimer s'adressant à Elisabeth, fille de Sarah,
l'appelant jeune fille
>> p. 52 où Mortimer est décidément bien fatigué et n'est
plus très capable de piloter la Ferrari Testarossa,
à comparer avec la curieuse décapotable rose de la page 32

quant à Blake, il n'est plus qu'une figure secondaire
avec son air débonnaire (en page 61)

et l'album finit avec une citation de Shakespeare:
all's well that ends well
(tout est bien qui finit bien)


annexes
- couverture de l'album EO
- portrait de Shakespeare
- deux pages extraites de l'album avec
la décapotable rose et la Ferrari
Testarossa
- ex libris inclus dans l'album
- deux couvertures de réédition
- deux couvertures réédition à l'italienne



Information
les oeuvres de Shakespeare auraient pu être rédigées
ou du moins très inspirées par d'autres écrivains
tels que Francis Bacon ou Christopher Marlowe

1/ WILLIAM SHAKESPEARE, 1564-1616
William Shakespeare, baptisé le 26.4.1564
à Stratford-upon-Avon et mort le 3 mai
(23 avril) 1616 dans la même ville
(ce qui est contesté dans l'album de Sente,
ce serait 1630 et mort à Venise),
Shakespeare est considéré comme l'un des
plus grands poètes, dramaturges et écrivains
de la culture anglaise

il est réputé pour sa maîtrise des formes
poétiques et littéraires ainsi que sa capacité
à représenter les aspects de la nature humaine

figure éminente de la culture occidentale,
Shakespeare continue d’influencer les artistes
d’aujourd’hui, il est traduit dans un grand
nombre de langues et, selon l'Index Translationum,
avec un total de 4281 traductions, il vient
au troisième rang des auteurs les plus traduits
en langue étrangère après Agatha Christie et Jules Verne

ses pièces sont régulièrement jouées partout dans le monde,
Shakespeare est l’un des rares dramaturges à avoir pratiqué
aussi bien la comédie que la tragédie,
il écrivit trente-sept œuvres dramatiques, entre les années
1580 et 1613, mais la chronologie exacte de ses pièces
est encore discutée cependant, le volume de ses créations
n'apparaît pas comme exceptionnel en regard
de critères de l’époque

on mesure l’influence de Shakespeare sur la culture
anglo-saxonne en observant les nombreuses références
qui lui sont faites, que ce soit à travers
des citations, des titres d’œuvres ou les
innombrables adaptations de ses œuvres

l'anglais est d'ailleurs souvent surnommé
la langue de Shakespeare tant cet auteur
a marqué la langue de son pays et en inventant
de nombreux termes et expressions, certaines
citations d'ailleurs sont passées telles
quelles dans le langage courant

n.b. the Shakespeare fellowship was the name
used by an organisation devoted to the Shakespeare
authorship question,
originally it sought to represent all alternatives
to the mainstream consensus that William Shakespeare
authored the plays attributed to him, but it later
became strongly identified with the Oxfordian theory:
promoting Edward de Vere, 17th Earl of Oxford,
as the true author of the works of Shakespeare,
the original organisation is now known as
"the Shakespearean authorship trust"

George Greenwood and J. Thomas Looney were the
founders of the Shakespeare fellowship (1921)


2/ FRANCIS BACON 1561-1626
Francis Bacon, né le 22 janvier 1561 à Londres
et mort à Highgate en 1626, baron de Verulam,
vicomte de St Albans, chancelier d’Angleterre,
est un scientifique et philosophe anglais

Francis Bacon développe dans son œuvre
le de dignitate et augmentis scientiarumn
une théorie empiriste de la connaissance
et il précise les règles de la méthode
expérimentale dans le Novum Organum, ce qui
fait de lui l’un des pionniers
de la pensée scientifique moderne

the Baconian theory of Shakespearean authorship holds
that Sir Francis Bacon, philosopher, essayist and
scientist, wrote the plays which were publicly
attributed to William Shakespeare

various explanations are offered for this
alleged subterfuge, most commonly that Bacon's
rise to high office might have been hindered
were it to become known that he wrote plays
for the public stage, thus the plays were
credited to Shakespeare who was merely a front
to shield the identity of Bacon

Bacon was the first alternative candidate suggested
as the author of Shakespeare's plays,
the theory was first put forth in the mid-nineteenth
century, based on perceived correspondences
between the philosophical ideas found in Bacon’s
writings and the works of Shakespeare

later, proponents claimed to have found legal
and autobiographical allusions as well as
cryptographic ciphers and codes in the plays
and poems to buttress the theory, however
all academic Shakespeare scholars but a few
reject the arguments for Bacon authorship,
as well as those for all other alternative authors,

the Baconian theory gained great popularity
and attention in the late 19th and early 20th century,
although since the mid-20th century, the primacy
of his candidacy as author of the Shakespeare
canon has been supplanted by that
of Edward de Vere, 17th Earl of Oxford

despite the academic consensus that Shakespeare
wrote the works bearing his name and the decline
of the theory, supporters of Bacon continue
to argue for his candidacy through organizations,
books, newsletters and websites


3/ DE VERE 1550-1604
- Edward de Vere, 17th Earl of Oxford (1550-1604)
was an English peer and courtier of the Elizabethan era,
Oxford was heir to the second oldest earldom
in the kingdom, a court favourite for a time,
a sought-after patron of the arts and noted
by his contemporaries as a lyric poet and court playwright,
but his reckless and volatile temperament precluded him
from attaining any courtly or governmental responsibility
and contributed to the dissipation of his estate

since the 1920s he has been among the most popular
alternative dates proposed for the authorship
of Shakespeare's works


4/ CHRISTOPHER MARLOWE 1564-1593
the Marlovian theory of Shakespeare authorship
holds that the Elizabethan poet and playwright
Christopher Marlowe was the main author
of the poems and plays attributed
to William Shakespeare

rather, the theory says Marlowe did not die in Deptford
on 30 May 1593, as the historical records state,
but rather that his death was faked

Marlovians (as those who subscribe to the theory are
usually called) base their argument on supposed
anomalies surrounding Marlowe's reported death
and on the significant influence which, according
to most scholars, Marlowe's works
had on those of Shakespeare

they also point out the coincidence that,
despite their having been born only two months apart,
the first time the name William Shakespeare is known
to have been connected with any literary work
whatsoever was with the publication of Venus
and Adonis, just some weeks after the apparent
death of Marlowe

the argument against this is that Marlowe's death
was accepted as genuine by sixteen jurors at
an inquest held by the Queen's personal coroner,
that everyone apparently thought that he was
dead at the time and that there is a complete lack
of direct evidence supporting his survival beyond 1593

while there are similarities between their works,
Marlowe's style, vocabulary, imagery and his
apparent weaknesses, particularly in the writing
of comedy, are said to be too different from
Shakespeare's to be compatible
with the claims of the Marlovians

couvertures:
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