Montcalm, la tragédie canadienne

série: Conquêtes et Découvertes
éditeur: Plon
auteur: Lichtenberger André
classement: biblio713B
année: 1934
format: broché
état: TBE
valeur: 8 €
critère: **
remarques: Montcalm et la tragédie canadienne

1/ en 1611, le Canada est terre promise
pour les missionnaires afin de catéchiser
les esquimaux, les sioux, les algonquins
et les hurons
habités par env. 70'000 blancs contre
1,5 mio dans les 13 états britanniques
qui sont supérieurs au Canada en tant
que commerce et technique, toutefois
les habitants du Canada sont mieux
habitués à la vie rudimentaire des
plaines et forêts

tandis qu'alors la France considère
le Canada comme l'écurie de la métropole,
sous l'impulsion de William Pitt
en Angleterre les 13 états américains
sont mieux soutenus

selon la France, le Canada coûtait beaucoup
et rapportait peu sous le règne de Louis XV,
le roi le plus désastreux de l'histoire française

2/ début des hostilités, 1753-1756
c'est d'abord l'Ohio et l'Acadie qui
sont convoités par les deux partis,
d'est le gouverneur Duquesne qui fait
établir un fort puissant sous son nom
à la frontière de l'Ohio

25'000 soldats anglais passent à l'offensive
sur le lac Champlain et l'Ohie, mais mal
dirigés, ils essuyent une défaite à la
Belle-Rivière en juillet 1755, mais
défaite française au lac Sacrement
en septembre 1755

la France envoie alors le marquis
Louis-Joseph de Montcalm (1712-1759)
pour renforcer les troupes canadiennes,
il est toutefois subordonné au gouverneur
du Canada, le marquis de Vaudreuil

3/ description du marquis de Montcalm
colonel à 31 ans, il est bien vu
à la cour de Louis XV où madame de Pompadour
a sont mot à dire,
Montcalm part au Canada en 1756 avec le
grade de maréchal de camp

début de Montcalm en mars/juin 1756
à la tête selon lui d'un état major d'élite
dont le chevalier de Bougainville, son
aide-de-camp futur célèbre explorateur

départ de Brest en mai 1756, le voyage
dure 40 jours jusqu'à Québec
>> p. 50 une traversée peu confortable
avec des bancs de glac (icebergs) de
45 mètres de haut

toutefois dès le début quelque animosité
avec de Vaudreuil sous l'autorité du
ministère de la marine alors que Montcalm
dépend du ministère de la guerre,
compétition entre les deux ministères

4/ 1ère campagne, Chouaguen = Oswego
(été 1756)
25'000 soldats anglais contre 3000 soldats
français et 3000 miliciens canadiens,
les sauvages (indiens) sont d'excellent
chiens de chasse mais difficiles à manier,

une étonnante campagne dans des régions
immenses avec des troupes canadiennes
peu enclins à se battre selon la tradition
européenne, ce sont des hommes de bois
qui peuvent quitter l'armée
après un certain temps de service

une offensive anglaise se déclanche, mais
sera stoppée à Chouagen pour le contrôle
du lac Ontario (août 1756)

5/ le premier hiver (1756-1757)
le dur hiver canadien, la vie des colons,
la Grande Société de l'intendant Bigot
qui contrôle les finances et le commerce,
avec un gouverneur jugé incapable par Montcalm
c'est gaspillage et concussion
= perception illicite d'argent par un fonctionnaire

6/ la campagne de 1757,
prise du fort William-Henry

prochaine offensive sur fort William-Henry
>> p. 113 des sauvages antropophages
août 1757, siège de fort William-Henry
commande par le colonel Monro et le
carnage qui s'en suit (immortalisé par
le roman de Fenimore Cooper),
toutefois la route vers Montreal était sauvegardée

tentative de rallier les 13 colonies
anglaises à la France, car réduit à ses
seules forces, le Canada ne peut demeurer
que sur la défensive alors qu'en Angleterre,
William Pit, un homme énergique, prend le pouvoir

7/ le deuxième hiver, 1757/1758

l'ennui prévaut à nouveau, les vivres sont
contingentées, le jeu est l'activité principale,
mais aussi le moyen le plus sûr
pour perdre son argent, la population devient fourbe
et sans l'appui de la métropole, le Canada ne peut
survivre sur le long terme, toutefois Louis XV
s'en désintéresse alors que William Pitt
met tout en oeuvre pour soutenir ses colonies
>> p. 139 quel pays grommelle Montcalm devant
ses intimes, tous les marauds y font fortune
et les honnêtes gens s'y ruinen

8/ la campagne de 1758: Carillon
l'armée du général Abercromby (20'000 hommes)
lance une nouvelle offensive sur Montreal
tandis que Washington et Forbes assiègent
l'île Royale (Louisbourg) qui tient la clé du St-Laurent

les anglais seront repoussés à fort Carillon
aménagé en place forte par les français, mais
l'antagonisme entre Montcalm et Vaudreuil
augmente de par son incapacité sur le terrain militaire
après sa victoire, Montcalm veut demander son rappel,
mais de son exploit à Carillon va
suivre l'épisode le plus tragique

9/ la mission de Bougainville en France
(1758-1759)

jusqu'alors l'habilité de Montcalm a prévalu
sur l'inertie du commandement anglais, mais
avec l'apparition de William Pitt, le destin
va maintenant changer de camp

capitulation de Louisbourg en septembre 1758,
l'entrée du St-Laurent s'en trouve
pratiquement fermée et un peu plus tard,
perte du fort Frontenac et du fort Duquesne

le péril se rapproche et Montcalm ne pourra
que retarder la défaite
Bougainville arrive en métropole (novembre 1758
après une traversée difficile
de 52 jours)
et malgré ses demandes de renfort,
il n'est guère écouté

10/ le dernier hiver, l'abîme se creuse
(1758-1759)
Montcalm ne se fait plus d'illusion
le 10.5.1759 retour de Bougainville
avec peu de matériel et de renforts

5500 soldats français (15'000 avec les miliciens)
vont devoir affronter 50'000 soldts anglais,
plusieurs tribus indiennes passent à l'ennemi

attaque générale sur le Canada par 3 corps d'armée
anglais Amherst, Wolfe et Prideaux,
Montcalme défendra Quebec contre Wolfe
>> p. 200 description du général Wolfe
qui a l'âme d'un chef énergique

11/ la catastrophe, bataille d'Abraham,
mot de Montcalm, Quebec est prise (été 1759)

27.6.1759 le premier navire anglais arrive
dans les environs de Quebec (25'000 hommes),
un combat qui aura des répercussions planétaires

bombardement général de Quebec depuis
l'île d'Orléans et la pointe de Lévis
un premier débarquement au ravin de Montmorency échoue,
une dernière tentative à l'anse de Foulon,
jugée impossible à gravir mais effectuée par
ruse et par surprise, réussira permettant
à Wolfe de débarquer 4500 hommes sur la plaine
d'Abraham devant Québec le 13.9.1759

pris par surprise, les français doivent se
retirer lors de la mort de Montcalme et
malgré celle de Wolfe qui n'empêche pas
ses soldats de vaincre les français dont
la perte de Montcalm sème la consternation,
Quebec tombe

une année plus tard, mené par Lewis, les
français remportent une victoire, mais
des renforts parviennent aux anglais alors
que les troupes françaises manquent de tout

la capitulation du Canada, signée le 8 septembre 1760
à Montréal par le gouverneur Vaudreuil
et le général britannique Amherst,
marque la fin de la Nouvelle-France et
de la guerre de la Conquête,
face à la supériorité numérique britannique,
la reddition évite la destruction de la ville
et instaure un régime militaire provisoire,
garantissant la sécurité des habitant

retour en France des dernières troupes françaises
dont le chevalier de Bougainville
qui deviendra un célèbre navigateur
>> p. 231 en 1827, lord Dalhousie, gouverneur
du Canada, érigea dans le jardin public de Québec
un obélisque de granit, sur une des faces fut inscrit
le nom de Wolfe, sur une autre le nom de Montcalm
avec l'inscription

mortem irtus, communem famam historia,
monumentum posteritas dedit
(leur courage leur donna la mort,
l'histoire une gloire commune,
la postérité ce monument)

12/ conclusion
la face de l'Amérique du Nord en sera changée,
prélude à l'indépendance des 13 états
qui n'avaient plus besoin de la protection
anglaise contre les français
quant au Canada, l'âme canadien subsistera
envers et contre tout


>> un livre plutôt intéressant et bien
documenté surtout sur l'activité
du marquis de Montcalm au Canada
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