no177 Mme Atomos cherche la petite bête

série: Atomos (Madame)
éditeur: Fleuve Noir
auteur: Caroff André
classement: biblioDVD
année: 1970
format: broché
état: TBE
valeur: 10 €
critère: *
remarques: collection Angoisse Fleuve Noir
(mais sans tête de mort),
no 177, nouvelle série, 248 pages,
couverture M. Gourdon
dixseptième et dernier épisode sur madame
Atomos dans la série Angoisse
qui comprend 17 volumes + un 18ème volume
"les sphères attaquent"
dans lequel madame Atomos devient
madame Cosmos

protagonistes du récit:
- Beffort, Akamatsu et Mie Azusa
- James Eduard Evans, chef du F.B.I.
(mort en action)
- Owen Bernitz, chef de la task force
Dragon vert
- Wyatt, chef du FBI de Casper, Wyoming
- Brady agent du FDV (force du dragon vert)
qui est neutralisé par madame Atomos
- la Malibu spécial "Marque Jaune"
- la société OAAMA (= organisation
américaine des amis de Mme Atomos)
- l'affreux petit japonais Shibuki
qui met en marche l'opération
mini-cerveau-robot (mort en action)
- Sam complice de madame Atomos qui
rejoint la FDV
- le géant japonais Asadori, mentionné
Isadori dans ce volume,
assistant, tueur et amant de Mme Atomos
théâtre de l'action: Casper, Wyoming

à Casper, Wyoming, des habitants sont dévorés
par des animaux domestiques
qui deviennent sauvages et qui "grignotent"
la gorge de leurs victimes
après avoir été endormi par un narcotique
dissimulé dans leur fourrure
c'est d'abord un chat, puis un chien,
puis un singe et même un perroquet
- c'est le jardin zoologique de madame Atomos

>> p. 29 le laboratoire du prof. Shibuki
où se trouvent une panoplie
de petits monstres-tueurs en puissance:
chat, chien, rat, etc
Wyatt, chef du FBI local, enquête sur
22 ingénieurs ayant perdu leurs 22 animaux
de compagnie

la tactique de Shibuki: il fait semblant de
photographier, mais en fait il leur inocule
à distance un cerveau-robot miniature
qu'il peut téléguider,
leurs méfaits accomplis, les animaux s'auto-
détruisent (ou si possible sont récupérés)
sous la forme d'une hémorragie interne
c'est l'opération "plein air"

la FDV (force du dragon vert) se met en
branle tandis que Evans, grand chef du FBI,
est également soumis à une attaque
de mini-cerveau et commence à ressentir
des défaillances et une perte de volonté,
mais lors d'une opération, le laid petit
japonais qui se prépare à inoculer
ses mini-cerveaux sur des êtres humains,
est repéré lorsqu'il fait des expériences sur
des animaux d'un cirque
>> p. 50 le super-minicerveau propulsé
à distance sur un corps animal,
c'est l'opération Plein Air de madame Atomos

>> p. 82 détails sur les hémorragies internes
et la composition des mini cerveaux-robots
(microscopique, inoculable et auto-destructeur),
une arme formidable injectée
sous la peau et remontant au cerveau par
les canaux de la circulation sanguine

>> p. 83 Radetich est mentionné comme membre
de la FDV
alors qu'il est mort dans le précédent volume

Shibuki est abattu lors d'une poursuite
kamikaze qui le conduit dans les environs
du repaire de madame Atomos,
son sacrifice n'a pas été vain,
car madame Atomos est maintenant sur ses gardes
>> p. 90 les extras de la super Malibu blindée
dont une vitesse de 300 km/h pour un poids
de trois tonnes

>> p. 130 Mme Atomos, une femme magnifique, un sucre
>> p. 148 le carnage au cirque Pangam,
seuls les éléphants ne sont pas atteints
grâce à leur peau épaisse

Brady et quelques uns de ces hommes sont
minicerveautorisés par le groupe "soleil levant"
et s'en prennent à Beffort qui doit
malheureusement se résoudre à les
neutraliser, suicide d'Evans pour échapper à
l'emprise du mini-cerveau

Beffort et ses hommes donnent l'assaut au
repaire de Mme Atomos, mais celle-ci
s'échappe avec Isadori par un souterrain
laissant ses complices se faire abattre par
le groupe de choc de Beffort

Sam, un complice de Mme Atomos capturé,
révèle le nouveau repaire de Mme Atomos dans
le laboratoire du prof. Watoru,
un assaut final est lancé, mais madame Atomos
(avec Isadori qui défend sa femelle comme un fauve)
s'échappe encore pour la 17ème fois,
cette fois en plate-forme volante genre Hiller
puis en moto de compétition pour rejoindre
son nouveau repaire de Big Sandy

>> dernier baroud d'honneur pour Mme Atomos,
un récit riche en émotions mais sans grande surprise
malgré la réapparition des cerveaux-robots
et ses aventures ne seront plus
continuées par André Caroff malgré l'annonce
par madame Atomos que la lutte continue
entre elle et la force Beffort

toutefois, 9 ans plus tard,
un 18ème épisode paraîtra dans
la collection Fleuve Noir Anticipation,
écrit par André Caroff,
avec Beffort, Mie et Akamatsu, toutefois
madame Atomos sera remplacée maintenant par
une mystérieuse madame Cosmos


Information
madame Atomos est une femme terrible,
japonaise, elle a échappé aux bombardements
d'Hiroshima et de Nagasaki, contrairement à
sa famille, elle voue une haine inextinguible
aux Etats-Unis qu'elle a promis de faire
payer chèrement leurs crimes
envers la nation nippone

chaque tome de la série voit donc s'affronter
madame Atomos, Smith Beffort du FBI et
Yosho Akamatsu de la Tokkoka,
ces derniers peuvent compter sur la force du
dragon vert, constituée principalement
d'anciens criminels qui se rachètent en
participant au combat contre madame Atomos

les madame Atomos sont des romans de gare,
avec leurs deux cents pages, ils se lisent
vite, ne nécessitent pas une concentration
extrême et détendent allègrement le lecteur,
malgré les légers pics de suspense (plutôt
que d'angoisse) que laissent planer les
pièges tendus aux héros par madame Atomos

le public visé à l'origine par l'auteur est
clairement masculin, avec sa couverture
signée Jean-Michel Ponzio (Gourdon)
arborant une jeune femme très légèrement vêtue,
le tome 5 de la saga de madame Atomos le
rappelle, les trois récits qu'il rassemble
le confirment: il n'y a pas de personnage
féminin digne d'intérêt (même Mie Azusa n'est
pas véritablement ce qu'on pourrait appeler
une femme d'action et on la laisse rarement
prendre des initiatives), mais ces romans
sont écrits à la fin des années soixante,
époque où l'on mettait en avant le modèle de
la femme au foyer,

Beffort lutte contre le gang Atomos et
l'O.A.A.M.A. (l'organisation américaine
des amis de madame Atomos) à bord du
"masque jaune", voiture blindée munie de
mitrailleuses qui constitue un parfait
substitut phallique au héros (et au lecteur)

bien sûr, tout cela est tellement énorme,
madame Atomos est tellement machiavélique
(renvoyant les ennemis de James Bond au rang
d'amateurs), qu'il y a probablement une part
d'ironie de la part de l'auteur,
c'est donc avec un peu de recul que le
lecteur doit aborder la lecture de madame Atomos

les anciens fans de la série pourront donc
redécouvrir les aventures de la plus sinistre
japonaise que le monde ait jamais porté,
car c'est surtout à eux qu'est destinée cette
réédition en omnibus, surtout quand on parle
du tome 5,
les plus jeunes qui ne connaissent pas encore
madame Atomos comprendront tout, car
les manigances passées de la japonaise
sont réexpliquées si besoin est

toutefois, attaquer la série par son
treizième tome n'est peut-être pas l'idéal

le changement de nom d'Atomos a eu lieu
en 1979 lors d'un basculement de genre
littéraire et de collection, raisons:

1- le changement de collection au Fleuve Noir
la saga initiale de Madame Atomos s'est
arrêtée en 1970 dans la collection "Angoisse"
(dédiée au thriller et à l'épouvante),
près de dix ans plus tard, en 1979,
l'auteur André Caroff décide de faire
revenir son personnage emblématique,
cependant, il publie cette suite dans la
collection "anticipation", la célèbre
collection de science-fiction du Fleuve Noir

2- une transition vers la science-fiction
pour coller aux thématiques de l'espace
et du futur de la collection "anticipation",
le roman de 1979 s'intitule
les Sphères attaquent,
le nom d'origine "Atomos" (qui faisait
directement écho à l'atome, à la bombe
nucléaire et à la vengeance d'Hiroshima)
a été jugé trop ancré dans les années 1960

devenir "madame Cosmos" permettait d'ancrer
le personnage dans l'ère de la conquête
spatiale et du space opera

3- la confusion fréquente avec l'année 1969
vient de deux événements majeurs dans la
chronologie de la série: le changement
de corps du personnage (1968-1969)

dans le roman Madame Atomos change de peau
(fin 1968), la criminelle utilise un procédé
scientifique pour rajeunir de vingt ans,

dans les volumes publiés en 1969
(madame Atomos fait du charme, l'empreinte
de madame Atomos), elle opère sous une toute
nouvelle identité physique,

la transition de la bande dessinée (1969):
le petit format en BD Atomos (Arédit/Artima)
a commencé à être publié fin 1968,
en 1969, la bande dessinée marchait si fort
qu'elle a rapidement épuisé les intrigues
des premiers romans, les éditeurs de BD
ont alors dû adapter d'autres récits
d'anticipation de l'auteur, amorçant déjà
visuellement ce glissement vers l'espace

madame Atomos is a brilliant but twisted
middle-aged female Japanese scientist who is
out to revenge herself against the
atomic bombs of Hiroshima and Nagasaki
the author of Madame Atomos by André Caroff
(pseudonym of André Carpouzis, 1924-2009)
was a French author of science fiction and
horror

trois raisons majeures ont poussé l'auteur
à abandonner définitivement son personnage de
madame Atomos/Cosmos:
1/ la priorité absolue à sa nouvelle saga:
Rod, combattant du futur,
l'année 1979 marque un tournant crucial
pour l'auteur, en parallèle des sphères
attaquent, André Caroff lance sa toute
nouvelle série de science-fiction:
Rod, combattant du futur,

contrairement au retour mitigé de madame Cosmos,
la série Rod rencontre un succès immédiat
auprès des lecteurs d'"Anticipation"
très pragmatique, l'auteur choisit
instantanément de concentrer toute son
énergie sur cette nouvelle franchise
il enchaînera d'ailleurs l'écriture de trois
volumes de Rod coup sur coup dès 1980
(menace sur Oxima, patrouille de l'espace,
vacuum 02)

2/ le rythme effréné imposé par le Fleuve Noir
André Caroff était l'un des piliers les plus
prolifiques du Fleuve Noir, mais il écrivait
à flux tendu, les auteurs de la maison
d'édition devaient fournir plusieurs
manuscrits par an pour alimenter les
différentes collections
(Spécial Police, Anticipation),
face à ces quotas stricts, un auteur n'avait
pas le temps de s'attarder sur une formule
qui ne fonctionnait pas instantanément,
si le premier essai d'une série ou d'un
virage éditorial ne faisait pas un carton
commercial immédiat, il était de suite
mis de côté pour passer au livre suivant

3/ la fin logique du personnage
sur le plan purement narratif, André Caroff
estimait avoir fait le tour de
son anti-héroïne, créée au début des années 1960,
sa soif de vengeance liée à la Seconde Guerre
mondiale entrait difficilement en résonance
avec les enjeux de la science-fiction des
années 1980,
l'envoyer dans l'espace avec les sphères
attaquent était une tentative d'extrapolation
ultime, l'auteur a préféré clore
définitivement le chapitre plutôt que de
dénaturer encore davantage l'essence du
personnage,
celui-ci est ainsi resté endormi pendant plus
de 30 ans, le couple d'auteurs Michel et
Sylvie Stéphan a officiellement repris
et continué la saga de madame Atomos
au XXIe siècle avec l'accord des ayants droit

couvertures:
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